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Les fusillés

Sur les 18 membres du Groupe Guy MOCQUET jugés par la Felkommandantur 560 en septembre 1943, douze sont condamnés à l’exécution. Lors de ce même jugement, quatre membres du Groupe Marius Vallet et André MONTAVON (qui lui sera gracié par la suite), sont aussi condamnés à la même sentence. Ils sont fusillés quelques jours après le jugement car ils ont atteint leur objectif : déstabiliser les forces d'occupation en menant de nombreux attentats. En effet, ceux-ci ont causé de gros dégâts et ont parfois entraîné la mort. L'impact conséquent sur l'autorité et l'organisation de l'occupant force le tribunal militaire allemand à réprimer fortement ces résistants afin de dissuader d'autres patriotes de s'engager dans la résistance.

 

Le 26 septembre 1943, deux mois et demi de détention à la prison de la Butte de Besançon se sont écoulés. Les résistants arrêtés sont réveillés tôt le matin, vers 5h. Après un repas plus copieux que d'habitude, quelques feuilles de papier ainsi qu'un crayon leur sont donnés et ils sont informés qu'ils vont être fusillés dans quelques heures à la Citadelle. C'est l'occasion pour eux de retranscrire leur état d'esprit, leurs sentiments et leur fierté d'avoir résisté contre l'occupant. En effet, ces lettres rédigées en détention dans des conditions plus que précaires constituent le seul témoignage de leur engagement et de leur résistance. Ce testament, mais aussi cet héritage moral, se transmet bien au-delà des familles des résistants car ces lettres sont bouleversantes par leur simplicité et la noblesse des sentiments exprimés. En effet, ces jeunes patriotes rappellent ce qui les a guidés dans cette lutte et sont presque tous unanimes sur les raisons de leur engagement : l'amour familial, la foi en la religion et en Dieu et surtout l'acceptation du sacrifice pour la patrie. Certaines lettres avec des discours trop engagés vont d'ailleurs subir la censure des autorités allemandes.

Vers 6h30, les seize fusillés sont conduits dans quatre camions afin d'être transférés à la Citadelle. La crainte des Allemands d'être attaqués est toujours très forte : le convoi est donc fortement protégé pour contrer toute attaque. Les jeunes, dans leur engagement patriote, n'hésitant pas à chanter la « Marseillaise » et le « Chant du Départ » tout le temps du transfert.

Arrivés devant les quatre poteaux, ils sont exécutés en quatre vagues, quatre par quatre à 7h36, 7h56, 8h10 et 8h25. Les premiers fusillés sont tués sous les yeux de leurs amis qui sont obligés de regarder cela.

 

 

 

 

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Les quatre poteaux de la Citadelle de Besançon où les membres du Groupe Guy MOCQUET ont été fusillés.

Source : Musée de la résistance et de la déportation de Besançon (côte : 975-420-01)

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Là encore, ils font preuve d'un courage héroïque puisqu'ils n’hésitent pas à refuser d’avoir les yeux bandés. De plus, avant chaque salve, les cris de « Vive la France, Vive de Gaulle » jaillissent de la poitrine de ceux qui tombent et de ceux qui attendent de tomber. Aussi, « tous n'ont cessé de chanter jusqu'au moment où ils sont tombés » comme l'affirme un soldat allemand qui assiste comme sentinelle le matin même à l’exécution des jeunes résistants. Ce récit, sans doute adressé aux familles des résistants de Larnod, village où est né le groupe, provient de Mme Renault, tenancière du café « Au Capitole » à Besançon, qui a reçu un soldat allemand comme client.

 

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Voici la retrancription du témoignage de Mme Renault.

Source : Musée de la résistance et de la déportation de Besançon (côte : 2002-822-03)

 

 

 

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Les soldats allemands sont donc marqués par ces exécutions mais la population l’est encore plus. En effet, malgré l’interdiction mise en place par les autorités d'occupation de se rendre sur les tombes des fusillés dans les cimetières de Saint-Ferjeux et de Saint-Claude, les Bisontins vont fleurir ces tombes massivement. Ils viennent pour témoigner de leur solidarité avec les familles qui ont perdu un être cher mais aussi pour témoigner de leur reconnaissance envers ces jeunes résistants courageux et de leur solidarité patriotique.

 

 

 

 

 

 

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Comme nous pouvons le voir sur cette photographie d'époque du cimetière Saint Claude, les tombes sont complètement recouvertes de fleurs malgré l'interdiction.

Source : Musée de la résistance et de la déportation de Besançon (côte : FN-00424)

 

 

 

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Voici les douze membres fusillés, leur biographie est visible en cliquant sur la personne concernée.

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Raymond Aymmonin

Henri Fertet

Philippe Gladoux

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René Paillard

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Marcellin Puget

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Roger Puget

Marcel Reddet

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Gaston Retrouvey

Georges Rothamer

René Roussey

Marcel Simon

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