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La provenance du nom « Guy MOCQUET »

A sa création le 25 juin 1940 et ce jusqu'à son adhésion aux Francs-Tireurs et Partisans, le groupe de résistance de Marcel SIMON ne possède pas de nom officiel : il est surnommé le Groupe de Larnod. C'est en mars 1943, sur la proposition de Roger BOURDY, responsable des FTP de la région, que le nom de Guy MOCQUET lui est donné. Le Groupe de Larnod, qui avait déjà mené trois attentats, décide de rejoindre les FTP, parce qu'il se sent isolé et désarmé. Marcel SIMON, qui voulait pourtant rester indépendant, prend cette décision car il constate qu'il manque d'effectifs et d’armes pour les attentats qu'il prévoit. Il devient urgent et indispensable de rejoindre une grande unité de Résistance.

 

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C'est Raymond TOURRAIN, membre du Groupe de Larnod et du Groupe du Lycée, qui va donner l'occasion au détachement d'adhérer aux FTP. En effet, à la fin du mois de février 1943, il présente André MONTAVON à Marcel SIMON. D'origine suisse, André MONTAVON, a fait partie du Groupe Valmy qui a été décimé, et des responsabilités lui ont été confiées par les Francs-Tireurs et Partisans. Il deviendra par la suite le chef du Groupe Alsace. Dans les premiers jours de mars, MONTAVON met en rapport SIMON avec le responsable régional des FTP, « Philippe » (Roger BOURDY). Le responsable départemental Paul PAQUERIAUD ainsi qu'un certain « Victor » (Louis CHETELAT)  promettent à SIMON la fourniture d'armes provenant de parachutages qui ont lieu dans le Jura. Impressionné par la volonté, la solidité et l'esprit d'initiative de Marcel SIMON, « Philippe » demande d'accélérer les actions de sabotage contre les écluses, les pylônes électriques et les voies ferrées. Il désire aussi, que le Groupe de Larnod récupère par la force s'il le faut des tickets d'alimentation, qui seront destinés aux maquis FTP.
 

Roger BOURDY dit « Philippe » explique les structures de son organisation : Le front National pour la Politique, France d'Abord pour la Presse et enfin les FTPF pour les opérations militaires. Il se garde de préciser que toute l'organisation est sous le contrôle du Parti Communiste. De plus, il propose au Groupe de prendre le nom d'un jeune lycéen fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 au camp de Châteaubriand : Guy MÔQUET mais là encore, il ne dévoile pas que ce jeune est un militant communiste. Le Groupe ne connaissait pas ce nom mais il a accepté sans demander plus d'informations. C'est d'ailleurs la cause de la différence entre l'orthographe du jeune fusillé (Guy MÔQUET) et le nom pris par le Groupe de Larnod (Guy MOCQUET) qui est une erreur des membres du détachement.

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C'est ainsi que le groupe de Larnod, composé en quasi-totalité de jeunes paysans de la jeunesse agricole chrétienne (JAC) ignorant tout des liens qui existent entre les FTP et le parti communiste, prend le nom de groupe Guy MOCQUET. Ils ont le sentiment d'appartenir à une grande formation de la Résistance et de pouvoir disposer bientôt de moyens puissants, de parachutages d'armes en particulier, pour amplifier leur action. Les actions projetées nécessitent des effectifs plus encore importants. Cependant, Marcel Simon prend la sage décision de refuser d'intégrer au détachement Guy MOCQUET les résistants des groupes Marius Vallet, Alsace et du lycée mais acceptera quelque fois de collaborer avec pour certains attentats.

 

 

Malgré son nom et son adhésion aux FTP, le Groupe Guy MOCQUET, n'est en aucun cas un groupe communiste : ces membres sont des patriotes qui ont cherchés par tous les moyens à mener des attentats contre l'occupant.

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Biographie de Guy MÔQUET

 

 

Guy MÔQUET est né à Paris en 1924. Son père, Prosper MÔQUET, est député communiste. La Seconde Guerre mondiale est déclarée en 1939. Le Parti communiste français est dissous en septembre de cette même année, car il n'a pas œuvré à la dénonciation du pacte germano-soviétique. Prosper MÔQUET continue de suivre la ligne du parti : il est alors arrêté en octobre 1939, puis déporté avec d'autres députés en Algérie. Guy MÔQUET milite déjà avec ferveur aux Jeunesses communistes. Malgré l'arrestation de son père et une forte répression du PCF, il continue de militer clandestinement. La France est occupée, et le régime de Vichy est instauré en juillet 1940. Guy MÔQUET et ses camarades distribuent des tracts et collent des papillons diffusant les idées du parti communiste. En octobre 1940, alors qu'il distribue des tracts à la gare de l'Est, il est arrêté par des policiers français chargés de rechercher les militants communistes.

Il est d'abord interné à la prison de Fresnes, puis, même s'il n'est pas reconnu coupable, il est gardé emprisonné. Il est transféré à la prison de la Santé en 1941, puis à Clairvaux. En mai 1941, il est finalement emmené au camp de Choisel à Châteaubriant, où se trouvent déjà de nombreux militants communistes. En octobre 1941, l'assassinat du commandant allemand Karl HOTZ par des résistants communistes à Nantes entraîne de fortes représailles. Une cinquantaine de prisonniers français, essentiellement des communistes, sont désignés par les forces d'occupation allemandes pour être fusillés. Guy MÔQUET en fait partie, et il meurt le 22 octobre 1941 à seulement 17 ans, ce qui fait de lui le plus jeune des condamnés. Guy MÔQUET a reçu de manière posthume de nombreuses décorations et médailles.

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